30 mars 2009

Petit aperçu de la climatologie régionale

 

Pour en savoir plus sur la climatologie de la région, il y a l'excellent ouvrage de M. Max Bouët "Climat et météorologie de la Suisse Romande", édition Payot Lausanne.

 

Le climat de la région

Il est de type semi-continental ; cependant à proximité directe du lac la température se trouve quelque peu adoucie (gelées moins fortes en hiver et chaleurs moins fortes en été), cela permet de planter près de ses rives des essences à caractère plutot méditerranéen.

Les étés sont assez orageux ; le lac et le relief de moyenne altitude sont très propice à la formation de nuages convectifs à la belle saison. Il y a en moyenne environ 30 à 35 jours d'orage par an, mais ce chiffre est sans doute plus élevé encore sur les reliefs du Jura et des Préalpes.

En automne et en hiver les phénomènes d’inversion thermique sont assez fréquents. Par conséquent les grisailles par nuages bas (stratus) peuvent s'avérer tenaces ! L’extrémité orientale du lac, davantage insérée à l’intérieur des massifs, est en partie épargnée. Cette couche se situe le plus souvent à une altitude de 1000 m.

Il vaut la peine, si tel est le cas, de prendre de l’altitude et d’arpenter l’un des sommets alentour ; la vue sur la mer de brouillard sera saisissante !

concours fryz

 

 

Les principaux types de temps sur le bassin lémanique

Les types de temps décrits ci-dessous sont les principaux mais ne sont pas les seuls ! De plus il peut y avoir beaucoup d’intermédiaires possibles…

 

Type Sud-Ouest

Les basses pressions règnent sur le proche Atlantique, et les pressions sont élevées sur l’Est de l’Europe. Le Bassin lémanique se trouve alors dans le thalweg et de l’air chaud est acheminé depuis l’Espagne. Le temps est alors très doux en hiver, très chaud et orageux en été.

 

Type Ouest

Situation typique lorsque les pressions sont basses en Europe du Nord, hautes dans le Sud, et qu’un « jet stream » traverse le continent. Si le jet se positionne très au sud, la région sera soumise à un défilé de vigoureuses perturbations entrecoupées de belles éclaircies. Mais habituellement le jet passe un peu plus au Nord, ce qui vaut surtout des passages nuageux plus ou moins denses et un vent d’ouest assez sensible.

 

Type Nord-ouest

Habituellement ce type de temps succède au type Sud-Ouest ou Ouest. La pression remonte sur l’Atlantique et les basses pressions se sont déplacées sur le Nord de l’Europe. Le talweg s’est déplacé sur l’Est de l’Europe et la région se trouve alors dans la partie arrière de la dépression. C’est typiquement le ciel de traîne, ou de giboulées ; le temps est frais pour la saison, et des averses parfois orageuses se succèdent avec des éclaircies.

 

Type Nord-Est

Les hautes pressions dominent sur les Îles Britanniques, la pression est basse sur le Sud-Est de l’Europe. Cela peut résulter d’une succession du type Nord-Ouest par déplacement de la dépression vers l’Est. L’air est sec et le ciel est alors beaucoup plus serein mais c’est alors le domaine de la bise dans la région (et également du mistral dans la basse vallée du Rhône). On trouve également dans ce type de temps l’invasion en hiver d’air très froid provenant de la Russie.

 

Les retours d’Est

Lorsqu’une dépression sévit sur le Golfe de Gênes ou la Méditerranée occidentale, le courant est orienté à l’est et provoque alors les situations de « bise noire ». Si le courant amené sur l’arc alpin est peu humide, il en résulte des passages nuageux souvent denses. si le courant est en revanche très humide, le temps peut être très maussade avec des pluies continues (ou de la neige selon l’altitude ou la saison).

 

Le marais barométrique

Lorsque les pressions sont uniformes sur l’Europe centrale et occidentale, il en résulte une certaine inertie des courants d’altitude. En hiver ce type de temps est propice aux inversions de températures et aux stratus. En revanche, en été, il est favorable à la formation d’orages orographiques, qui se développent sur les reliefs avec un déplacement quasi nul.

 

La situation anticyclonique

Lorsque la pression est élevée sur l’Europe centrale et occidentale, il en résulte également en hiver des phénomènes d’inversion et de basses couches. En été, le temps est radieux et se réchauffe de jour en jour, pouvant évoluer en une situation de marais barométrique si aucune perturbation ne vient pénétrer le continent.

 

La goutte froide

Il s'agit d'une masse d'air très froide régnant en altitude, souvent sur une grande étendue. Lorsque l'air en basse couches est resté chaud, cela favorise grandement l'instabilité par le resserrement du gradient thermique. En revanche, si l'air froid a également envahi les basses couches, le temps est alors très médiocre et très froid, parfois très durablement.

Un cas de goutte froide tenace est celle qui a envahi l'Europe occidentale du 21 juin au 7 juillet 1997; le temps est resté automnal durant 18 jours...

 

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Posté par rodac à 19:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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Les vents du Léman

La bise est le vent le plus caractéristique du bassin lémanique. C’est un vent de secteur NNE à NE, désagréable lorsqu’il souffle fort, qui habituellement dégage le ciel et dessèche l’atmosphère, et qui peut persister plusieurs jours d’affilée. La bise est généralement associée à la présence d’un anticyclone sur le proche Atlantique, les Îles Britanniques ou la Scandinavie, et d’une dépression sur l’est de l’Europe ou la Méditerranée occidentale. La bise et le mistral sont parfois contemporains, mais pas toujours.

La croyance qui veut que la bise "doit" souffler 3, 6 ou 9 jours (par multiple de 3...) est assez répandue, mais n'est pas prouvée scientifiquement. En fait, soit la bise est soit de courte durée car l'anticyclone s'installe fermement sur le continent et chasse plus loin vers l'est la perturbation qui l'a précédé; ou soit nous avons affaire à une situation de blocage et du coup la bise se prolonge beaucoup plus longtemps.

Certaines régions riveraines sont abritées de la bise ; c’est le cas de Montreux. Pour vous en convaincre, allez visiter la ville un jour de forte bise ; puis déplacez-vous à Vevey, à 6 km seulement, le contraste est saisissant !

 

La bise noire se produit lorsque qu’une dépression très active est centrée sur la Méditerranée occidentale (notamment le Golfe de Gênes ou la Sardaigne) et fait remonter passablement d’humidité sur les Alpes. Le bise souffle mais le temps reste assez maussade sur le bassin lémanique ; de gros cumuls de pluie ou de neige, selon l’altitude et la saison, sont à attendre sur le massif alpin.

 

A l’instar des bords de mer les brises sont présentes, quoique faibles, à la belle saison. La brise lacustre (appelée rebat ou encore séchard sur le Petit-Lac) souffle en journée, et la brise terrestre (appelée morget) prend le relais au crépuscule.

 

Le vent de sud-ouest, appelé sudois, ou encore "le vent", est remarquable surtout lors du passage des tempêtes d’hiver. Il est aussi présent lorsque la région se trouve à l’avant d’une perturbation venue de l’Atlantique. Le vent blanc, de même secteur, concerne principalement la région genevoise et le Petit-Lac.

 

Le vent de nord-ouest est appelé joran. Il souffle lorsque le flux général a basculé au nord-ouest, par exemple à l’arrière des perturbations classiques (ciel de traîne). Le vent est remarquable surtout le long du rempart jurassien, qui lui est perpendiculaire. Il dévale le versant avec un effet plongeant qui représente un danger pour la navigation surtout sur le Petit-Lac Léman, mais aussi sur les Lacs de Neuchâtel, de Morat et de Bienne.

 

Le foehn, appelé aussi vaudaire de foehn sur le Haut-Lac, est de secteur sud ou sud-est. Il souffle généralement lorsqu’une perturbation ondule sur la France. Le flux est alors perpendiculaire à la haute chaîne des Alpes. Les pluies se déversent sur les versants sud des Alpes et l’air asséché se réchauffe par compression en dévalant sur les versants nord, d’où des hausses de température aussi brutales que spectaculaires. Le foehn touche surtout le Haut-Lac, il est nettement plus rare ailleurs.

 

Les orages apportent aussi des coups de vents brusques et spectaculaires, et parfois très loin du foyer orageux. Lorsque l’orage sévit sur l’arc jurassien et dévale en direction du lac, on parle des fameux coups de joran. Lorsque l’orage sévit sur le Chablais ou les Préalpes vaudoises et que le vent atteint les rives du Haut Lac on parle des coups de vaudaire ou de vaudaire d’orage. S'ajoutent encore les coups de bornan lorsque des orages sévissent sur les préalpes savoisiennes et que les rafales traversent le Grand-Lac du sud au nord, à partir de la Dranse et de ses alentours.

Ces coups de vents très brusques et soudains sont un grand danger pour la navigation sur le lac.

 

Il y a encore d'autres appellations telles que le dézaley ou le jaman, vents descendants qui dévalent des pentes du Lavaux pour le premier, et des Rochers-de-Naye pour le second, ou encore le môlan, de secteur sud à sud-est, parvenant du Faucigny vers la région genevoise et le Petit-Lac.

 

 

Posté par rodac à 19:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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